Audrey-Anne Laurin

Doctorat sur mesure en biologie

Rôle du coyote sur la dynamique spatiale du cerf de Virginie : évidence indirecte de cascades trophiques comportementales en forêt tempérée
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Supervisé par : Angélique Dupuch et Philippe Nolet

Thèmes de recherches

Cascade trophique comportementale, Cerf de Virginie, Coyote, Régénération forestière, Relation hôte-parasite, Relation plante-animal, Relation prédateur-proie, Sélection d'habitat, Surbroutage, Tique à pattes noires

La théorie des cascades trophiques – i.e. le principe selon lequel les effets réciproques entre les prédateurs et leurs proies affectent une communauté au travers de plusieurs niveaux trophiques d’un réseau alimentaire – est de plus en plus acceptée comme mécanisme de régulation des écosystèmes. Toutefois, la majorité des études assume que les interactions trophiques se font via des effets sur la densité. Pourtant, il est reconnu que les prédateurs peuvent également affecter le comportement de leurs proies, que ce soit au niveau de leur dynamique spatiale ou encore de leur alimentation, et ce sans nécessairement affecter l’abondance de ces dernières, ce qui peut alors entraîner des cascades trophiques dites comportementales. Les connaissances à ce sujet restent encore peu développées, notamment dans les écosystèmes forestiers de l’Est de l’Amérique du Nord. Ce projet propose de déterminer l’implication potentielle du coyote (Canis latrans) et du cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) dans deux cascades trophiques comportementales ayant des répercussions à la fois sur la régénération de l’érable et la répartition spatiale de la tique à pattes noires (Ixodes scapularis) vectrice de la maladie de Lyme dans les forêts du sud du Québec, et pour lesquelles la dynamique spatiale du cerf jouerait un rôle central. Le projet se déroule en Estrie, dans l’aire de confinement du cerf de Watopeka (Chapitres 1-2) ainsi qu’en Outaouais, au Parc de la Gatineau (Chapitre 3). L’intensité d’utilisation des peuplements par le cerf et le coyote, ainsi que le déplacement du cerf au sein des peuplements, seront estimés à l’aide de pièges photographiques et de suivis de pistes dans la neige, respectivement. Des inventaires de brout et autres variables connues pour influencer le comportement du cerf (obstruction visuelle latérale, épaisseur de neige) seront également réalisés dans les peuplements et le long des pistes. L’abondance de tiques sera estimée via la méthode de la flanelle. Ce projet permettra de déterminer l’existence de cascades trophiques comportementales dans les forêts feuillues du Québec, en plus de fournir plusieurs connaissances inédites qui pourront être valorisées par les gestionnaires forestiers de la compagnie Domtar, mais aussi par les décideurs gouvernementaux responsables de la gestion des forêts et des populations de cerfs, dans le but d’améliorer la régénération de l’érable. De plus, les connaissances sur la problématique grandissante de la maladie de Lyme pourront être valorisées par les autorités de santé publique, dans le but d’améliorer la gestion des risques.

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