Claudie Bouffard
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Maîtrise en biologie
Effets de différentes approches sylvicoles sur les communautés d’amphibiens en étangs vernauxbouc121@uqo.ca mail_outline
Supervisé par : Angélique Dupuch et Katrine Turgeon
Thèmes de recherches
Biodiversité, Sylviculture, Herpétofaune, Hydrologie, Étangs Vernaux
Les étangs vernaux sont des milieux humides temporaires qui se forment par l’accumulation de l’eau au fond de dépressions dans le sol de manière saisonnière, empêchant l’établissement de poissons. En l’absence de prédateurs aquatiques, ce type d’habitat est crucial pour la reproduction de diverses espèces d’amphibiens. Les étangs vernaux sont conséquemment des milieux importants pour la conservation de la biodiversité. Le Québec est une région qui regorge de ce type d’habitat dû au cycle saisonnier d’accumulation de neige durant l’hiver suivi de la fonte rapide durant le printemps. Toutefois, puisque les étangs vernaux sont des environnements éphémères, ceux-ci sont souvent peu étudiés et donc rarement considérés lors des aménagements forestiers au Québec. Pourtant, les différentes pratiques sylvicoles affectent la présence et la qualité des étangs vernaux en créant de nouvelles dépressions ou en modifiant la composition végétale. Ceci est particulièrement notable au sud de la province, car les rotations de coupes y sont plus courtes. Le nombre d’interventions affectant l’environnement y est donc plus élevé.
Plusieurs études indiquent que l’exploitation forestière peut réduire significativement le succès reproductif des amphibiens dépendants des étangs vernaux, tels que la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) ou la salamandre maculée (Ambystoma maculatum). Toutefois, il reste à mieux comprendre l’effet précis qu’apportent les différentes méthodes de coupe, pouvant être plus ou moins invasives pour l’environnement selon les techniques utilisées. Ceci permettra d’évaluer quelles pratiques seraient à favoriser pour la conservation des amphibiens.
Ce projet de maîtrise vise donc à déterminer l’impact des coupes forestières sur les populations d’amphibiens utilisant les étangs vernaux au sud du Québec. Pour ce faire, la biodiversité et le succès reproducteur de ces animaux seront comparés à travers un gradient de coupe dans la région de l’Estrie et des Chaudière-Appalaches. Ce gradient passe de l’exploitation intensive (plantation par scarifiage sur monticule) jusqu’au milieu naturel (parcs nationaux) pour inclure un large spectre d’interventions. La biodiversité est évaluée à l’aide d’enregistreurs audio et d’inventaires de masses d’œufs, alors que le succès reproducteur dépend de la densité de masses d’œufs ainsi que la proportion de métamorphose des larves. Le tout combiné à des paramètres environnementaux tels que l’hydropériode des étangs ou la présence de débris ligneux permet d’évaluer la qualité de chaque étang vernal inventorié pour les communautés d’amphibiens. Ces données permettront de définir quelles méthodes de coupe sont les plus favorables pour les amphibiens. Ceci pourra contribuer à la promotion de pratiques sylvicoles plus durables au Québec.