Martin Simoneau
Maîtrise en écologie
Nutrition de l’érable à sucre : effets combinés du régime hydrique et du stade de développementmartin.simoneau@uqat.ca mail_outline
Supervisé par : Philippe Nolet
Thèmes de recherches
érable à sucre, stade de développement, régimes hydriques, nutrition minérale, réserves minérales.
La nutrition minérale de l’érable à sucre est connue pour être influencée par les sécheresses, mais l’effet du stade de développement demeure peu documenté, alors qu’il conditionne les dynamiques de succession futures. Le rôle des réserves internes dans cette relation reste également mal caractérisé. Cette étude vise à déterminer les effets différés d’une réduction de l’apport hydrique estival et du stade de développement sur la nutrition minérale de l’érable à sucre.
Mon projet a été mené sur trois érablières de la forêt Kenauk (Outaouais), où des parcelles de 20 × 20 m ont été soumises à une exclusion des précipitations estivales pendant 4 ans, comparées à des parcelles témoins sans exclusion. L’échantillonnage a débuté un an après la cessation des traitements, permettant d’analyser les effets différés (legacy effect). L’étude porte sur 36 individus (matures et gaules) dont les concentrations en N, P, K, Ca et Mg ont été mesurées dans les feuilles et les jeunes branches (réserves internes). L’utilisation de rapports isometric log-ratios (ilr) a permis d’isoler et d’analyser les équilibres nutritionnels.
Un an après le traitement, les érables soumis à l’exclusion de la pluie présentaient un K foliaire plus élevé. Cette variation s’inscrit dans une organisation plus large de la composition minérale, où l’ionome foliaire est davantage expliqué par les réserves internes (44 % de la variance) que par la solution du sol (25 %). Toutefois, cette relation dépend du stade de développement. Chez les gaules soumises à l’exclusion, la balance Ca/Mg foliaire différait des témoins et covariait avec l’état des réserves internes, alors que chez les arbres matures, la composition foliaire variait indépendamment de ces réserves. Ces résultats suggèrent une sensibilité nutritionnelle plus forte des gaules aux sécheresses.