Matthieu Beaumont

Doctorat sur mesure en biologie

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Supervisé par : Angélique Dupuch

Thèmes de recherches

Potentiel des aménagements agro-forestiers linéaires à maintenir la connectivité écologique dans les paysages agricoles.

Pour faire face à la croissance de la demande alimentaire mondiale, une des solutions généralement exposées repose sur le paradigme voulant qu’une intensification de la soutenabilité de l’agriculture puisse bénéficier des services fournis par la biodiversité. Il est par conséquent essentiel de mieux comprendre la manière dont les fonctions et processus écologiques dans les paysages agricoles fragmentés sont déterminés par la distribution des organismes et leurs interactions. La transformation de l’habitat influence la biodiversité selon différents effets confondants liés à la quantité, la qualité et la fragmentation des habitats. Bien que la quantité d’habitat soit le principal déterminant influençant la biodiversité, les études empiriques ont démontré un effet de la structure du paysage sur le mouvement des individus et sur leurs interactions. En rétablissant la connectivité fonctionnelle du paysage, c’est-à-dire le degré avec lequel le paysage facilite le déplacement des individus, la conservation des réseaux écologiques permettrait d’augmenter significativement la persistance des organismes dans les paysages fragmentés. La validation biologique de modèles de connectivité est nécessaire afin de mieux orienter les choix d’aménagements et préserver des communautés écologiques stables et robustes. La présence d’aménagements agro-forestiers linéaires (AAL) dans la matrice paysagère agricole pourrait créer une synergie entre les parcelles d’habitats, ce qui favoriserait le maintien de la biodiversité. Cependant, la fonctionnalité réelle des AAL pour favoriser la connectivité à l’échelle du paysage agricole demeure équivoque.

L’objectif principal de mon projet de doctorat vise à évaluer le potentiel des AAL à détendre les forces de tension qui régissent la perméabilité du paysage (connectivité fonctionnelle) dans l’agroécosystème des Basses-terres du St-Laurent. Les sites d’étude sont situés en Montérégie et représentent un gradient de fragmentation du paysage, d’intensivité de l’agriculture et de fonctionnalité des AAL. Au sein de chacun des sites, des stations d’inventaires d’oiseaux par point d’écoute et de faune terrestres par pièges photographique sont localisées à l’intérieur de boisés. Des expériences de translocation d’oiseaux forestiers et des suivis de pistes hivernales de faune terrestre entre les stations d’inventaires permettront de générer des cartes de connectivité. Ce projet repose sur une approche qui permet de vérifier empiriquement si les réseaux de AAL possèdent des caractéristiques déterminantes à la dispersion des espèces forestières et si ces caractéristiques influencent réellement la dynamique de la biodiversité à l’échelle du paysage. Ce projet vise à mieux définir l’implication des AAL dans le maintien de la perméabilité de la matrice paysagère agricole afin de proposer des stratégies économiquement réalistes de conservation et d’aménagement de corridors écologiques. Il s’inscrit dans les activités du projet multidisciplinaire ANCRAGE (Agriculture, nature, communautés – recherche-action en gouvernance environnementale) du laboratoire d’économie écologique du Professeur Jérome Dupras.

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