Annie Montpetit

 

Profil

Mes intérêts de recherche portent principalement sur les dimensions sociales liées à l’adaptation aux changements climatiques. La problématique des changements climatiques a su capter mon attention du fait qu’elle met en relation les différentes disciplines abordées au cours de mon parcours académique et qu’elle symbolise la relation complexe qu’entretient la société avec son environnement naturel.

Mon expérience de recherche sur le sujet a débuté à la maîtrise, lorsque j’ai collaboré avec l’équipe du réseau PRESENCE, une plateforme multi-agents orientée vers la recherche socio-écologique transdisciplinaire et les pratiques de gestion visant à restaurer les écosystèmes d’Afrique du Sud. Mon mémoire portait ainsi sur l’attitude des propriétaires touristiques envers la restauration du capital naturel en tant que stratégie d’adaptation contre les effets néfastes des changements climatiques dans les communautés de la Vallée du Gamtoos (Cap Oriental, Afrique du Sud).

Après la maîtrise, j’ai obtenu un poste de consultante pour l’Organisme des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Au cours de ce mandat, les changements climatiques constituaient l’une des composantes transversales du projet dont j’étais en charge. Par conséquent, j’ai été amenée à identifier les impacts potentiels des changements climatiques en milieu agricole au sein d’une trentaine de pays d’Afrique et du Proche-Orient. Cette expérience m’a permis de réfléchir à d’éventuelles options d’adaptation à travers la lentille des approches développées par les grandes organisations internationales. Cependant, il m’apparaissait de plus en plus évident que le développement de mesures d’adaptation aux changements climatiques devait s’effectuer en adoptant une logique territoriale axée sur une compréhension des enjeux locaux. Guidée par ces convictions, c’est avec enthousiasme que j’ai entamé, en septembre 2012, le doctorat en sciences sociales appliquées de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Je suis membre de l’Institut des Sciences de la Forêt tempérée (ISFORT), du Groupe d’analyse et de recherche appliquée sur la gouvernance environnementale (GARAGE), du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) et du Centre d’études de la forêt (CEF).

Formation académique

2012 -             Doctorat en sciences sociales appliquées (Université du Québec en Outaouais)

2007-2009       Maîtrise en gouvernance environnementale (Université Albert-Ludwigs, Freiburg, Allemagne)

2001-2004       Baccalauréat en études internationales (Université de Montréal)

Résumé du projet de recherche

Direction: Guy Chiasson (UQO)

Co-direction: Frédérik Doyon (UQO)

Les impacts actuels et envisagés des changements climatiques sur les forêts sont difficiles à déterminer avec certitude. Néanmoins, ils pourraient se manifester sous forme de perturbations diverses : hausse de la fréquence des feux de forêt, apparition d’épidémies d’insectes et de maladies, et augmentation des événements météorologiques extrêmes. En retour, ces impacts pourraient avoir des effets négatifs pour les collectivités (régions, MRC, villes) dépendantes de la forêt. Même s’il n’y a pas de définition unanime concernant la notion de collectivité dépendante, on s’entend généralement pour dire qu’elle fait souvent référence à l’emploi. Toutefois, une autre façon d’entrevoir la dépendance envers les forêts consiste à la définir en fonction des relations sociales qui se forgent au sein de la collectivité. Les populations des collectivités dépendantes de la forêt seraient ainsi unies par un rapport unique à un territoire donné et à des intérêts communs par rapport à celui-ci. Les changements climatiques pourraient donc compromettre l’atteinte d’objectifs économiques, sociaux et écologiques élaborés par les collectivités forestières dépendantes de la forêt.

Les recherches entourant les notions de vulnérabilité et de résilience par rapport aux impacts des changements climatiques ont offert des contributions importantes sur les aspects liés à l’adaptation des collectivités. À la lumière de l’exploration de cette littérature, la capacité d’adaptation apparaît comme un attribut qu’il est souhaitable, pour les sociétés humaines, de renforcer afin de s’adapter aux changements climatiques. La notion de capacité d’adaptation collective est comprise comme une habileté à mobiliser des ressources afin de faire face à un stress actuel ou anticipé. Dès lors, on en vient à se demander quels sont les facteurs et les mécanismes qui favorisent ou entravent cette capacité d’adaptation.  Plus précisément, comment des attributs tels que la gouvernance, le capital social, les infrastructures, les facteurs démographiques ou encore, la capacité à mobiliser des ressources influencent-ils sur la capacité d’une collectivité à faire face à des impacts anticipés négatifs? La question qui sert de fil conducteur à cette thèse est donc la suivante : Comment explique-t-on que certaines collectivités canadiennes dépendantes de la forêt semblent mieux en mesure de s’adapter aux changements climatiques par rapport à d’autres?

L’étude désire donc mettre en lumière les dynamiques et facteurs sociaux qui favorisent la capacité d’adaptation collective. Pour y arriver, une cartographie des collectivités forestières canadiennes dépendantes de la forêt basée sur des indicateurs de capacité d’adaptation, de même que trois études de cas seront effectuées.  En tenant compte du fait que la capacité d’adaptation aux changements climatiques est un objet qui a peu été exploré en recherche sociale, ma thèse permettra d’offrir des perspectives novatrices, notamment sur le plan méthodologique, dans un champ en pleine effervescence. Effectivement, le concept de capacité d’adaptation a peu été exploré de manière empirique et il n’y a pas de consensus sur les indicateurs à employer pour la mesurer. Dans cette optique, cette thèse permettra de développer un cadre théorique et analytique de la capacité d’adaptation qui n’existe pas à ce jour. Enfin, elle permettra aux collectivités dépendantes de la forêt de connaître les dimensions à renforcer afin de mieux faire face aux impacts envisagés par les changements climatiques.