Lise Jaton

Les facteurs abiotiques, selon les échelles spatiales et temporelles auxquelles ils sont considérés, influent sur la distribution des individus, des peuplements et sur leur agencement dans le paysage. Les modifications de distribution de la végétation et de ces potentielles dynamiques - recrutement, croissance ou mortalité - qui ont lieu à une échelle peuvent avoir des répercussions sur les autres échelles du fait de leurs interactions constantes et de leurs emboitements.

Les influences des facteurs abiotiques à différentes échelles spatiales (microsite, site, paysage et région) sur les répartitions des espèces arborées, dans un contexte de changement climatique le long d’un gradient latitudinal, est la question centrale de ce projet. Par facteurs abiotiques, on entend, les caractéristiques édaphiques (dépôt, drainage), topographiques, climatiques, et les régimes de perturbations naturelles et anthropiques.<!--break-->

Un premier chapitre a pour objectif d’identifier les facteurs abiotiques prépondérants dans le rang de distribution des espèces forestières à l’échelle des microsites. Le deuxième chapitre porte sur la modélisation de la distribution sur la base présence/absence ainsi que sur la modélisation des processus de recrutement, de croissance et de mortalité le long du gradient latitudinal aux échelles du paysage et de la région. Le chapitre trois de cette étude vise à réaliser des projections, via un modèle prédictif construit avec les facteurs identifiés précédemment, de la distribution potentielle des espèces. La modélisation multi scalaire a pour but de développer un modèle prédictif robuste de la présence potentielle des espèces et de la modélisation des processus écologiques en fonction de variables abiotiques. Cinq essences présentes le long d’un gradient latitudinal dans l’Ouest du Québec, ont été retenues à savoir : l’Érable rouge (Acer rubrum L.), l’Érable à sucre (Acer saccharum Marsh), le Bouleau jaune (Betula alleghaniensis Britton), le Thuya occidental (Thuja occidentalis L.) et l’Épinette blanche (Picea glauca (Moench) Voss,). L’utilisation des bases des données numériques (inventaires forestiers, dépôt de surface, élévation), des données altimétriques LIDAR (caractéristiques topographiques), météorologiques (températures et précipitations moyennes, périodes de croissance…), des placettes d’échantillonnages permanents et temporaires (dominance, caractéristiques des sites, dernières perturbations…) seront mobilisées.

Les résultats de cette étude permettront d’améliorer notre compréhension du fonctionnement des écosystèmes forestiers et des facteurs qui le dynamisent, qu’ils soient limitants ou favorables, dans la distribution des essences sélectionnées. Cette compréhension permettrait de suggérer des méthodes d’aménagements forestiers adaptées aux changements qui résulteront de l’anticipation des variations climatiques contemporaines.